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Trungpa donne son avis ...

Misère

        La misère peu venir du résultat de mon passage chez le coiffeur. Moyen mais j'ai vu pire. Pas de bol mon coiffeur  attitré est tombé malade et c'est la gérante qui a remplacé. Moyennement cool, pas forcément très adroite. Elle commence par me demander « D’habitude on utilise la tondeuse pour les côtés ? Vous savez quel sabot ? » Ca met en confiance. D’habitude j’arrive dit ce que je veux, réexplique la même chose parce que bon le coiffeur ne peut pas se rappeler de tout le monde, même si mon coiffeur normal commençait à bien me connaître. Mais il est parti ouvrir son propre salon loin d’ici. Celui qui le remplace en théorie est pas mal donc je suis resté. Mais là me demander à moi comment faut faire !!! Ce n’est pas le coiffeur, moi j’explique ce que j’attends, j’en discute avec lui et il fait ce qu’il veut pour y arriver. J’imagine l’ambiance dans le salon avec cette nouvelle chef qui n’a pas l’air des plus compétente. Enfin bref j’ai échappé au pire. Je m’en sors avec une coiffure quelconque. Seul point positif, avec ma gueule d’ados je passe encore pour un moins de 25 ans, soit 30% de réduction, même si je suis plus proche des 28 ans maintenant. Enfin moi je me tais, de toute manière j’ai toujours ma carte étudiante.
 
            Mais ce n’était pas de cette misère que je voulais parler. En sortant tout à l’heure de chez moi, j’ai descendu les poubelles. Mais pour une fois, je me sentais mal à l’aise de mettre mon sac dans le conteneur. Une vieille dame, plus de 70 ans à mon avis, pourtant pas trop mal habillé, était en train de fouiller dedans. Je mets mon sac dans celui d’à côté. Elle s’empressera d’inspecter son contenu. Ca m’a fait bizarre. Ce n’est pas la première fois que l’aperçoit faire ça. Que dire, que faire. Coïncidence, hier soir j’ai regardé Poursuit of happyness avec Will Smith qui sortira bientôt sur nos écrans qui parle d’un jeune père qui se retrouve à vivre dans la rue en attendant d’être embauché comme golden boy dans la boîte où il fait un stage non rémunéré. Une histoire basé sur des faits réelles arrivé dans les années 80. Le film est moyen, un peu nunuche, et finalement assez peu touchant, pourtant il n’est nul, mais il ne fait pas mouche. On note tout de même le jeu de Will Smith qui est irréprochable dans son rôle de père qui se veut exemplaire pour son fils, mais débordé en partie par les événements.
            Avec l’image de cette vieille femme on est finalement à l’opposé. Dans le film on nous montre le courage et la détermination d’un père doué et chanceux pour s’en sortir. De l’autre cette femme et tout les autres, qui n’ont que très peu de chance de s’en sortir. Qui perdent une partie de leur dignité. Comme beaucoup, j’esquive souvent le regard de ces gens que je croise dans la rue. Je suis énervé parfois par les poivrots. De temps en temps je laisse de la monnaie. A d’autres, moment je balance des conneries pour ne rien donner. Je n’aime pas que l’on me demande de l’argent.
            Parfois il y a ces gens qui te demandent un euro ou deux. Qui n’ont pas l’air d’en le besoin. Je ne sais pourquoi, je me fait régulièrement aborder par des blacks « T’aurais pas un euros ou deux pour que je puisse m’acheter une barquette de frite, parce que mon copain qui vit là n’est pas là et ne peut pas me prêter d’argent .» D’ailleurs la même personne m’a accosté une semaine plus tard, alors que je sortais du distributeur de billet. J’ai répondu assez sèchement à son interpellation. Il m’a dit de laisser tomber. C’est après que j’ai réalisé que c’était le même que l’autre soir. Je pense que ces « sans gènes » me dérange encore plus qu’en je vois une misère plus voyante. Mais qui suis-je pour les juger, je ne connais pas leur situation.
            Il y a aussi ceux qui t’agressent presque, souvent alcoolique, on ne peut pas les blâmer vu la situation. Certains m’insultent, me prenant pour un mec qui gagne bien sa vie. Je n’ai jamais roulé sur l’or, je n’ai pas à me plaindre j’ai ce qu’il me faut. Je ne veux pas voir. Je regarde au loin. Je n’écoute pas. Mon baladeur me protège en partie.
 
            Enfin, il y a cet homme qui est souvent au coin de ma rue. Barbe noir, grosses lunettes. Jamais ivres, en tout cas jamais vu ivre. Il m’arrive de laisser la monnaie du pain encore dans poche, une somme ridicule. Parfois, j’ai eu envie de lui proposer de prendre un café. De lui payer un sandwich. Qu’il me raconte son histoire que j’exploiterais sans vergogne pour écrire. Vous voyez, même pas un geste gratuit, sans attente. Mais au fond est ce que parmi ceux qui aident ces gens, est ce qu’une partie ne font pas ça pour paraître bon. Pas tous mais une partie. A la rigueur ce n’est pas grave, il y en a qui font quelque chose au moins, que cela paraisse vain ou pas. Moi je ne fais rien que donner quelques cents, parfois…..
 

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Carla :0010: 08/01/2007 17:51

gros bisous et ... toi aussi tu m'as manque... un petit peu :-)

Trungpa 08/01/2007 20:37

a vi !!!

M. 08/01/2007 11:56

Je trouve que souvent plus que ce qu'on donne, ce qui est important c'est la manière dont on regarde les gens. Juste répondre vraiment quand ils te posent une question, ne pas regarder ailleurs, ne pas faire semblant...Après, la monnaie, tu l'as ou pas.M.

Bilou 07/01/2007 16:52

Bonne année 2007! Elle me semble bien entamée ;-)
Il est toujours triste de voir la misère de ces gens livrés à eux-même sans un toit pour les abriter... C'est désolant!
Gros bisous et bon début de semaine!

Maylis 07/01/2007 15:22

je pense que cette misère dont tu parles croisée au coin de la rue ne peut que nous mettre mal à l'aise, entre la colère (contre cette société qui exclue et ceux qui nous gouvernent qui sont à mille lieux de ça) un sentiment d'impuissance et l'empathie une envie de bien faire aussi mais une certaine maladresse

Trungpa 07/01/2007 18:08

je ne me sans pas apte à faire beaucoup et j'ai honte de ne rien faire

july 06/01/2007 22:31

la misère c'est comme la violence..elle est partout..surtout dans la capitale, c'est impossible de donner à tout le monde...mais c'est aussi impossible de ne pas la voir ! je suis raide fauchée, et le 31 je suis sans job...mais de temps en temps je donne, car je me dis que bientôt peut être je serai à la place de cet homme ou de cette femme...quoique je préfèrerai le balcon du 14ème étage plutôt que de mendier...mais il y a une personne sur deux en France qui pensent que du jour au lendemain il peuvent se retrouver à la rue...car tout est aléatoire, sauf si tu es fonctionnaire...sans commentaire...et rien n'est jamais acquit....bon dimanche quand même...et bisous.

Trungpa 06/01/2007 23:17

rien est acquis et c'est de plus en plus vrai