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Trungpa donne son avis ...

Forever Change - Love

 
 


    FOREVER CHANGE, Chef-d'oeuvre sous-estimé de l'histoire du rock, ce troisième album du groupe de folk-rock de Los Angeles, mené par l'impénétrable chanteur/compositeur Arthur Lee, sonne aussi frais et innovateur aujourd'hui que lors de sa sortie en 1967. Sur les arrangements atmosphériques de cordes et de cuivres de David Angel qui donnent au disque son unité d'ensemble, Lee explore le penchant de l'Amérique profonde pour la paranoïa ("The Red Telephone") et la violence ("A House Is Not A Motel") avec des chansons aussi intelligentes et mélodieuses musicalement que leurs paroles sont directes et poignantes. Ajoutez deux bijoux de l'arme secrète de Love, le second guitariste Bryan Maclean ("Alone Again Or" et "Old Man"), et vous avez là un des véritables albums parfaits de l'histoire du rock.

Titres :

 

1  Alone again or
2  A house is not a motel
3  Andmoreagain
4  The daily planet
5  Old man
6  The red telephone
7  Maybe the people would be the times or between clark and hilldale
8  Live and let live
9  The good humor man he sees everything like this
10  Bummer in the summer
11  You set the scene
12  Hummingbirds (demo)
13  Wonder people (i do wonder) (outtake)
14  Alone again or (alternate mix)
15  You set the scene (alternate mix)
16  Your mind and we belong together (tracking sessions highlighs)
17  Your mind and we belong together

18  Laughing stock


HISTORIQUE

    Love a été fondé en 1965 par le chanteur, guitariste et multi-instrumentiste Arthur Lee. Originaire de Memphis, né d'un père noir et d'une mère blanche, il commença à l'adolescence à jouer dans des formations de jazz ou de rythm'n'blues du coin. Il créa ensuite ses propres groupes, dont Arthur Lee & The LAG's, puis en 1964 les Grass Roots, avec le guitariste John Echols, lui aussi métissé et originaire de Memphis.
    En 1965, la formation ajoute le guitariste et chanteur Bryan MacLean et le bassiste Kenny Forssi, Arthur Lee rebaptise le groupe Love. Le groupe joue dans les clubs à la mode de Los Angeles, où il est remarqué par le producteur Jac Holzman, fondateur de Elektra (la petite histoire raconte qu'Arthur Lee fit découvrir les Doors à Holzman).  
    Dans le plus pur esprit hippie, les membres du groupe vivent en communauté dans un grand manoir, où ils peuvent se livrer à diverses expériences, dont les expériences musicales ou chimiques. À la manière des groupes de San Francisco que sont le Grateful Dead, le Jefferson Airplane ou le Quicksilver Messenger Service, la musique des Love devient rapidement indissociable de la prise de drogues hallucinogènes. On commence alors à parler de rock psychédélique ou d'acid rock.

De Da Capo à Forever Changes 

En 1966, Love publie son album homonyme, puis en 1967, Da Capo, marqué par le morceau Revelation, d'une durée inédite pour l'époque : 18 minutes. Le style « Love » prend forme, fait d'un mélange de guitares dissonantes et hispanisantes, mâtiné de rock'n'roll, mais aussi de mélodies mélancoliques et tourmentées, pour la plupart issues de l'imagination d'Arthur Lee. Dès lors naît la légende que Lee plane constamment sous acide.
    Malgré une très bonne critique, Da Capo n'est pourtant pas un grand succès commercial, tout comme ne le sera pas en fin d'année Forever Changes, le troisième album du groupe. Pourtant, avec le recul, beaucoup considèrent Forever Changes comme un authentique chef-d'œuvre, parmi les albums incontournables de l'histoire du rock. Mélodies bancales et troublantes, arrangements soignés à l'extrême, textes mystérieux, voix délicates, Forever Changes est une perle du rock psychédélique. Une perle qui reflète grandement l'état d'esprit de son leader Arthur Lee, qui est persuadé de sa mort imminente.
    L'alchimie subtile de Forever Changes durera peu. De lourdes menaces planent sur la pérennité du groupe en cette fin 1967. Lee et sa bande sont pourchassés par des créanciers divers. Celui-ci ne s'est d'ailleurs pas toujours expliqué sur le recrutement de l'orchestre philharmonique de Los Angeles, prétendument sur ses propres deniers, pour réaliser les arrangements de l'album.

    Le groupe vit à cette époque reclus dans la maison hollywoodienne de Bela Lugosi, s'adonnant quotidiennement à l'héroïne et essayant d'enregistrer une vaine suite à Forever Changes. Seul un ultime single verra le jour. Le brillant your mind and we belongs together. Peu de temps après, McLean échappe miraculeusement à une overdose. Ce sera le premier à quitter le navire. Echols et Forssi, défoncés au LSD, mèneront de petites rapines à main armée dans des magasins de beignets. Ils purgeront tout deux des peines de prison jusqu'à la fin des années soixante puis disparaîtront tout simplement de la circulation.

Arthur Lee seul aux commandes 

Lee se retrouve seul et est encore tenu par contrat avec Elektra pour un dernier album. Bien que miné, si bien par son accoutumance désastreuse à l'héroïne que par ses fréquentes dépressions paranoïaques, il remonte un groupe avec Frank Fayad, George Suranovitch et Jay Donellan. Durant l'été 1969, la nouvelle formation s'enferme dans les studios, enregistrant jusqu'à 10 heures de bandes nouvelles. Deux albums entiers seront le fruit de ses sessions. En premier lieu Four SailOut Here. [1969] et puis en décembre, le double.
    Un son unique relie les deux œuvres. Love, sous le patronage unique de Lee, est entièrement passé électrique. Des tonnes de distorsions saturent ces deux albums en faisant des monuments sacro-saints du heavy psyche. August qui ouvre Four Sail, tout comme Stand Out ou Love is more Than Words en sont des exemples séminaux. Toute légèreté cependant n'est pas perdue. On retrouve de nombreux accents des premiers Love dans les paroles étranges et possédées d'Arthur Lee. Et bien que les tons soient décidément plus sur le mauvais trip qu'autre chose, on entend encore les harmonies d'antan sur Always See Your Face, la reprise rock de Signed D.C. et I'll Be With You.
    Cependant, malgré l'accueil de nouveau chaleureux des critiques Four Sail finit dans les bacs à soldes, Elektra en ayant profité pour sortir une compilation des plus grands succès du groupe au même moment. Lee est incroyablement déçu des résultats. Il porte son groupe en Angleterre puis en Europe pour la première fois pour une série de concerts inégaux. Out Here scellera la malédiction en assumant un très petit nombre de ventes. Lee s'enfonce de plus en plus dans la dépression, refonde un nouveau Love et enregistre un ultime album False Start en 1970 qui retombera à plat.

La fin 

    Plus mort que vif, Lee enterre définitivement l'appellation Love en 1974 et se lance dans une carrière erratique tout au long des années quatre-vingt-dix, marquée d'éclats et de coups dans l'eau qui le mèneront jusqu'au statut de légende vivante lorsqu'il rassemblera de nouveau Love en 2001 pour une série de concerts entièrement dédié au chef-d'œuvre de 1967 Forever Changes. Son rêve de reprendre un jour la scène s'éteindra avec lui le 3 août 2006. Rongé par une leucémie, Arthur Lee nourrissait secrètement l'espoir de brûler à nouveau les planches. Il laisse derrière lui des milliers de fans et un chef-d'œuvre pour les consoler : Forever Changes.

Ma discothèque idéale

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Commenter cet article

Etienne 10/06/2007 17:23

Je viens de découvir ce magnifique album et ca a vraiment été une claque en particulier ce bonus track Your mind and we belong together tout simplement splendide!! Un grand disque sous estime...